L'ONG Les Mêmes droits pour Tous dénonce - Droit de l'Homme en
Guinée : pénible éveil du pouvoir judiciaire
Le 22 mai 2008, le Tribunal de Première Instance de Kaloum
(Conakry1) venait de prononcer le jugement condamnant le ministère de
la justice représenté par l'Agent judiciaire de l'Etat au paiement
de la somme de 100.000.000 FG (soit 23 000 dollars US) à titre de
dommages-intérêts au profit de Monsieur Ibrahima CONDE. Ce jugement
rendu suite à la détention illégale prolongée de Monsieur Ibrahima
CONDE, n'a pas été frappé d'appel par l'Agent Judiciaire de l'Etat.
En effet, poursuivi pour vol simple, Monsieur Ibrahima CONDE a
été transféré à la Maison Centrale de Conakry suivant le mandat
de dépôt en date du 25 mars 2003. Par jugement n°112 en date du 17
avril 2003, il a été condamné à huit (8) mois de prison ferme.
Dans les conditions normales, la peine devait expirer le 25 novembre
2003. Cela lui permettrait de recouvrer sa liberté.
Malheureusement et contre toute attente, Monsieur Ibrahima CONDE a
continué à croupir de façon illégale, à la Maison Centrale,
pendant trois (3) ans et quatre (4) mois après la date d'expiration
de sa peine.
Après le constat de cette détention illégale et arbitraire,
l'ONG " Les Mêmes Droits pour Tous " (MDT) a adressé un
courrier en date du 08 mars 2007 à Monsieur le Procureur de la
République près le Tribunal de Première Instance de Conakry 2 pour
exiger la libération immédiate et sans condition de Monsieur
Ibrahima CONDE. Le même jour, le Procureur a ordonné sa mise en
liberté.
Pour rétablir pleinement Monsieur Ibrahima CONDE dans ses droits,
MDT a intenté en son nom et pour son compte une action contre le
ministère de la justice représenté par l'Agent Judiciaire de l'Etat
afin de réclamer l'allocation à son profit des dommages et
intérêts pour la réparation des énormes préjudices matériels et
moraux qu'il a subis suite à sa détention illégale.
En effet, la détention illégale des personnes demeure toujours
monnaie courante dans les prisons civiles de la Guinée. Cette
pratique est surtout due au dysfonctionnement de l'appareil judiciaire
de l'Etat.
Dans la présente procédure concernant Monsieur Ibrahima CONDE, le
Tribunal de Première Instance de Conakry 1 saisi de l'affaire est
parti de renvoi en renvoi avant de prononcer finalement sa décision
en sa faveur. Maître Kpana Emmanuel BAMBA, Avocat Conseil de MDT, en
charge de ce dossier, exprime ses sentiments en ces termes : "
Cette décision du Tribunal de Première Instance de Kaloum (Conakry
1) est une victoire du droit sur l'injustice et nous sollicitons
qu'elle soit pérennisée afin que l'Etat de droit que nous
ambitionnons soit fortement construit dans l'intérêt supérieur de
tout le peuple de Guinée. "
Les Mêmes Droits pour Tous est une organisation guinéenne de
défense des droits de l'Homme fondée en avril 2004. MDT défend les
personnes vulnérables et fait promouvoir le respect de l'Etat de
droit en Guinée. Depuis le lancement de son projet d'assistance
judiciaire aux détenus de la Maison Centrale de Conakry en octobre
2006, c'est la toute première fois qu'elle arrive à gagner un
procès contre le Ministère de la Justice et des Droits de l'Homme
représenté par l'Agent Judiciaire de l'Etat. Par ailleurs, MDT a
déjà à son actif la libération de plus de 200 détenus en
situation de détention illégale. Il donne également une assistance
judiciaire aux victimes de violence basée sur le genre.
Pour plus d'information, veuillez contacter Maître Foromo
Frédéric LOUA, Président de MDT (+220) 60-29-93-66 ou
mdtguinee@yahoo.fr.
Circulation routière - Les camions remorques
continuent d'endeuiller la population
Ces derniers temps, les accidents de la circulation ne font que se
multiplier dans la capitale guinéenne. Des accidents au cours
desquels, on déplore souvent des cas de morts, de blessés graves et
des dégâts matériels importants.
Dans la pagaille qui caractérise la circulation routière de la
capitale, des camions longtemps amortis et lourdement chargés de
container pour la plupart, circulent en toute insécurité au su et au
vu des autorités compétentes. Il n'est pas rare de voir dans la
circulation, des voitures de particuliers ou des taxis sur lesquels,
des container mal fixés se renversent et causent des pertes en vies
humaines et des dégâts matériels très importants.
Le dimanche 29 juin dernier, le conducteur d'un camion remorque
transportant un container a perdu le contrôle de son véhicule sur la
route le Prince juste au niveau du pilonne communément appelé Tour
Effel où un des apprentis chauffeurs du camion a trouvé la mort dans
des conditions atroces. Selon des témoins sur place, le véhicule a
complètement broyé la victime.
Dans même journée, un autre camion transportant du riz s'est
renversé au niveau d'avaria au marché de Madina déversant du coup
tout son contenu sur le passage.
La semaine qui a précédé ce dimanche, au niveau du rond-point de
Hamdallaye, un autre conducteur d'un gros camion remorque transportant
un container de 40 pieds, a perdu le contrôle de son véhicule.
Après avoir heurté une barre métallique de l'endroit indiqué, le
camion de marque Renault, lourdement chargé, a terminé sa folle
course dans l'aille droite du bâtiment qui abrite la succursale d'une
banque de la place à Hamdallaye cousant des dégâts matériels.
Quelques jours après, c'est un autre accident qui s'est produit
juste au niveau du rond-point de Bambéto. C'est un camion de marque
Daf en provenance de Cosa sur la route le Prince qui a aussi terminé
sa course dans un caniveau du côté droit en allant vers le
centre-emetteur de Kippé. Un véhicule transportait également un
container de 20 pieds. Le camion, pas entièrement endommagé, a
causé quelques dégâts matériels. Au même moment, on apprenait
qu'un camion transportant aussi un container, s'était renversé sur
la route du Niger, au niveau du marché de Madina provoquant la mort
d'une personne.
L'indiscipline des chauffeurs de taxi
Tous les usagers de la circulation reconnaissent aujourd'hui
l'indiscipline caractérisée des jeunes qui conduisent les taxis
notamment sur l'axe Hamdallaye Enco 5. Selon des témoins, ces jeunes
qui conduisent ces taxis se droguent avant de prendre le volant.
Raison pour laquelle, ils roulent à tombeau ouvert et restent pour la
plupart des cas sourds à tous conseils. On estime que le moment est
venu pour que les nouvelles autorités prennent la question de la
sécurité routière à bras le corps. Surtout que la saison des
pluies s'annonce avec son cortège de malheur. A l'instar de certains
pays de la sous région, les nouvelles autorités gouvernementales
doivent ; dès maintenant, prendre des mesures pour interdire
l'importation et la circulation de certains véhicules qui ne
répondent plus aux normes requises. Le stationnement anarchique de
gros camions long de la route le Prince doit être interdit. Car, il
faut le rappeler, ce stationnement incontrôlé provoque souvent de
graves accidents. L'année dernière, à l'approche du mois de
Ramadan, une voiture dans laquelle prenait place deux écolières
avait violemment percuté un camion remorque en bordure de route à
Bambéto. Un accident au cours duquel, les deux jeunes filles qui
n'ont pas, selon des témoins, l'habitude de sortir de chez elles ont
trouvé la mort.
Bah Mamadou
Plus de huit cent mille lépreux dépistés par
an en Guinée
Apparemment négligée à tous les niveaux, la lèpre est pourtant
une maladie qui menace plusieurs centaines de Guinéens à travers le
pays. C'est pour toucher du doigt les réalités brûlantes sur la
lèpre en Guinée que l'ambassadeur de l'OMS pour l'élimination de la
lèpre dans le monde, vient d'effectuer une visite en Guinée.
La délégation conduite par le Japonais Youry Sasakawa a eu des
rencontres avec les plus hautes autorités du pays en l'occurrence, le
Premier ministre Ahmed Tidiane Souaré, le ministre de la Santé
Publique, le ministère de l'Agriculture. Ensuite, il a effectué une
visite de terrain dans les centres de traitement de la lèpre en
Guinée, notamment à Madina et à Kindia. Ainsi, pour boucler son
séjour guinéen, la coordination de la lutte contre la lèpre en
partenariat avec le bureau de la représentation de l'OMS en Guinée,
ont organisé un point de presse dans un hôtel de la place le
dimanche 22 juin dernier. Cette rencontre avec les hommes de médias
devrait permettre à l'ambassadeur mondial de la lutte contre la
lèpre de faire son constat de terrain et de dégager les grands axes
que son organisme entend mettre à la disposition du pays afin de
continuer son soutien aux malades de la lèpre qui sont souvent
marginalisés et qui meurent très souvent dans la misère.
Ainsi, il a été révélé que la Guinée constitue le 108 ème
pays visité par M. Youry dans le cadre de la lutte contre la lèpre.
Selon le constat de l'ambassadeur, le Japonais Youry Sasakawa, la
Guinée a atteint le seuil mondial de l'élimination de la lèpre. Ce
seuil est de 1 cas sur 10.000 habitants soit 0,7 %. "Votre pays a
réussi à atteindre le seuil fixé par l'OMS pour l'élimination de
la lèpre, puisque si on regarde à l'échelle nationale, le nombre de
malade est inférieur à 1 cas sur 10.000 habitants. Ceci étant, les
autorités ne doivent pas baisser les bras, parce que si on regarde la
situation de la lèpre dans votre pays, il reste encore six
préfectures qui n'ont pas atteint le seuil de l'élimination de la
lèpre. Il faut savoir que la lèpre est une maladie curable avec des
médicaments distribués gratuitement aux malades." souligne
l'ambassadeur de l'OMS. En plus, sur le cas des anciens malades, M.
Youry Sasakawa a fait un plaidoyer pour leur insertion sociale, une
fois gerris de leur maladie. Toutes choses qui permettront d'éviter
la stigmatisation et le rejet par la société des lépreux alors
qu'ils sont encore actifs dans la chaîne de la production nationale.
Pour sa part, Mme Sangaré Maïmouna Bah, ministre de la Santé
publique a remercié le diplomate japonais d'avoir effectué une
visite en Guinée pour s'imprégner de certaines réalités liées à
la problématique de la lèpre.
Aux médias, elle demande leur implication afin que la
communication et l'information puissent rompre la chaîne de silence.
" Il faut absolument qu'on récupère les malades très tôt pour
éviter les handicapes que sont les mutilations et surtout la
stigmatisation." dira-t-elle. Et d'ajouter : " Je peux dire
que je clôture très bien mon passage au ministère de la santé
publique par l'arrivée de M. Sasakawa, fils de notre pays. "
Selon certains données médicales disponibles dans les centres de
traitement spécialisés, notamment au niveau de la coordination
nationale de la lutte contre la lèpre, plus de 800.000 malades sont
dépistés chaque année dans le pays. Et 50 mille personnes sont
traitées par an. Les préfectures n'ayant pas encore atteint le seuil
mondial de l'élimination de la lèpre en Guinée sont : Dalaba,
Dubréka, Faranah, Kankan, Lola et Macenta.
Au terme des trois jours de séjour, c'est avec une notre de
satisfaction que l'ambassadeur de l'OMS pour l'élimination de la
lèpre a quitté la Guinée en souhaitant que sa visite soit l'amorce
d'une plue grande implication de tous et de chacun dans la lutte
contre la lèpre. Très satisfait de l'hôte, le porte-parole des
malades lépreux a aussi saisi l'opportunité pour remercier tous ceux
qui s'impliquent dans l'élimination de la maladie dans le monde
"Je me réjouis de cette visite de l'ambassadeur de l'OMS. Je
serai son porte-parole auprès de tous les malades du pays. Toutefois,
nous demandons aux bonnes volontés de nous aider pour la prise en
charge et l'insertion des anciens malades " a plaidé Etienne
Soumah, porte-parole des lépreux, lui-même étant un ancien
lépreux.
Lansana Camara
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