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INTERVIEW
Capitaine Mamadou Sandé, Ministre des Finances : " Le temps des secrets et des mythes est révolu… "

L'invité de votre quotidien Guinéenews© cette semaine n'est pas des moindres. C'est le capitaine Mamadou SANDE, ministre à la Présidence chargé de l'Economie et des finances de la République de Guinée. Né le 12 décembre à Koundara et père de 4 enfants, il intégra les Forces Armées Guinéennes (FAG) en 1993 après études supérieures en géographie à l'université de Kankan en 1992. C'est après sa formation supérieure académique à l'université de Hambourg en 2008 qu'il fut appelé par le capitaine Moussa Dadis Camara pour occuper le poste de ministre de l'Économie et des finances.

Dans l'interview qui suit, le capitaine Mamadou Sandé, jeune ministre des Finances parle de son parcours académique, peint le tableau de bord de l'économie guinéenne après la prise du pouvoir par le CNDD, de son département, de l'attribution des marchés sous le règne du CNDD, de la stratégie de réduction de la pauvreté (SRP) ainsi que d'autres sujets relatifs à l'économie guinéenne. Exclusif !

Guinéenews© : Quel est le parcours du capitaine Mamadou SANDE, le nouvel argentier du pays ?

Capitaine Mamadou SANDE : Je suis capitaine Mamadou SANDE ; ministre à la présidence en charge de l'Économie et des finances depuis le 14 janvier 2009. Né le 12 décembre 1969 à Koundara, je suis marié et père de quatre enfants.

J'ai intégré l'armée guinéenne en 1993, après mes études supérieures achevées en 1992 au département de géographie de l'Institut polytechnique de Kankan, en prolongement de mes formations primaire et secondaire accomplies au lycée Wossou de Kindia.

Affecté à la direction des Etudes et planification au Génie militaire de Conakry en 1994, j'ai bénéficié d'une bourse en 1998 pour suivre des cours de langue allemande et de formation militaire dans différents centres de formation en République Fédérale Allemagne.

Ensuite de 2002 à 2003, j'ai suivi des études approfondies en langue allemande au Studium Collège de Munich avant de rejoindre mon pays pour poursuivre mon parcours de formateur au Centre d'instruction inter-armée de Conakry (EMIA) de 2001 à 2004.

La même année (2004), avec l'appui du ministère de la Défense nationale guinéen, je retourne entreprendre une formation supérieure académique à l'université de Hambourg en 2008 d'où je sors licencié en sciences économiques.

Aussitôt rentré, pour me remettre au service du pays, de l'armée guinéenne en particulier, le chef de l'Etat capitaine Moussa Dadis Camara, suite à l'avènement du CNDD aux destinées du pays le 23 décembre 2008, m'a placé sa confiance en me nommant à l'actuel poste que j'occupe.

Voilà résumé mon parcours en peu de mots.

Guinéenews© : Pourriez-vous nous dresser sommairement le Tableau de Bord de l'Economie guinéenne depuis votre nomination jusqu'à nos jours ?

Capitaine Mamadou SANDE : Ma nomination est intervenue dans un contexte marqué par une grave crise économique et financière mondiale qui a accentué le recul de l'aide au développement et déprimé le marché de nos principales produits d'exportation : la bauxite et l'alumine. Mais, en dépit de ces difficultés, les nouvelles autorités ont manifesté une réelle volonté d'assainir l'économie nationale.

Ainsi, au niveau des finances publiques, les données disponibles à fin mars 2009, comparées à celles de mars 2008 indiquent un accroissement de recettes intérieures de 7 pour cent, soutenu par les recettes non minières dont la croissance de 10 pour cent a plus que compensé la baisse de 6 pour cent des recettes provenant du secteur minier qui traverse une forte crise. La volonté de mettre fin à la gabegie qui gangrenait l'utilisation des ressources financières de l'Etat s'est traduite par une baisse de 1,3 pour cent ; résultat certes modeste mais hautement symbolique. Il faut cependant reconnaître que les contraintes de financement de l'Etat ont été fortes et ont réduit considérablement les marges de manœuvre. En conséquence, les dépenses d'investissement sur ressources propres ont baissé sensiblement de 10,1 pour cent ; imputable à la faiblesse des ressources mais aussi au renforcement du contrôle des dépenses. Cette gestion rigoureuse des finances publiques a permis de dégager un excédent budgétaire hors dons de 50,55 milliards des francs guinéens à fin mars, contre un déficit de 42,38 milliards de francs guinéens il y a un an.

Au niveau du secteur monétaire, les résultats obtenus à fin mars 2009, comparés à la situation de décembre 2008, indiquent là aussi les efforts fournis en matière de gestion rigoureuse de la monnaie ont été payants. La base monétaire n'a augmenté que de 2 pour cent, la masse monétaire a baissé de 5,6 pour cent, le désendettement de l'Etat auprès de la Banque centrale s'est poursuivi au rythme de 8,1 pour cent et l'effort de contenir le financement monétaire du déficit budgétaire dans la nouvelle limite statutaire de 5 pour cent des recettes fiscales de l'année précédente a été soutenu.

La position de la monnaie sur le marché des changes a été favorable. Le franc guinéen s'est en effet apprécié par rapport au dollar de 4,2 pour cent. Ce résultat, combiné à l'impact des ajustements à la baisse de 18 pour cent et 6 pour cent des prix des produits pétroliers respectivement en janvier et mars 2009 ont entraîné une réduction sensible du taux d'inflation qui est passé en glissement annuel de 13,5 pour cent en décembre 2008 à 9,6 pour cent en février et 6,8 pour cent en mars 2009.

A la fin mars 2009, la mobilisation des dons et emprunts a atteint 18,38 milliards de francs, contre 13,68 milliards il y a un an, soit un accroissement de 34,4 pour cent, imputable principalement aux dons affectés. Il faut cependant souligner que, sur la base des engagements, nous avons enregistré un important manque à gagner de 157 milliards de francs sur ces ressources : 132 milliards pour les dons affectés et 25 milliards au titre de l'aide budgétaire.

Au niveau des échanges extérieures, et selon les estimations de la douane, la balance commerciale s'est améliorée, en partie grâce à la baisse des prix des produits pétroliers et à la bonne tenue du franc guinéen sur le marché des changes. Le déficit commercial cumulé sur le premier trimestre de 2009 a atteint 597 milliards de francs, contre 1282 pour le premier trimestre 2008 ; soit une amélioration de 53,4 pour cent.

Guinéenews© : Quels sont les problèmes majeurs que vous avez hérité au sein de votre département en termes de structures administratives, fonctionnement, etc. et quel plan d'action avez-vous pour y remédier ?

Capitaine Mamadou SANDE : Les problèmes rencontrés au sein du Département sont moins liés aux structures administratives qu'au fonctionnement et aux instruments d'action à la disposition des structures pour atteindre les cibles visées par le gouvernement sur le plan économique. Les structures actuelles sont adaptées aux missions essentielles assignées à un ministère de l'Economie et des Finances, à savoir gérer les deniers publics en fonction des priorités définies par les autorités et apporter un appui aux collectivités décentralisées. Une Direction Nationale est en charge des politiques macroéconomiques, la Direction Nationale des Etudes Economiques et de la Prévision pour l'objectif de stabilisation macroéconomique, une autre Direction Nationale est chargée de la promotion des Investissements publics pour promouvoir la croissance de l'économie guinéenne en mettant en place les infrastructures nécessaires. Les autres structures s'occupent respectivement de la mobilisation des recettes de l'Etat (les régies financières de l'Etat) et de l'exécution des dépenses publiques (les régies de dépenses) conformément aux priorités du Gouvernement notamment de rationaliser davantage les exonérations douanières et fiscales et de qualifier la dépense au profit de l'amélioration de la trésorerie publique.

Cependant, le fonctionnement des structures est confronté actuellement à un manque de ressources pour les doter des moyens modernes de travail. Plusieurs instruments tels le code des marchés publics, le Règlement général de la comptabilité publique, la nomenclature budgétaire et les outils d'audit sont en cours de révision ou de renforcement. La chaîne informatisée des dépenses publiques est également obsolète et doit être changée dans les meilleurs délais.

Un plan d'action stratégique de réformes de nos finances publiques a été élaboré avec l'appui de nos principaux partenaires techniques et financiers en vue d'améliorer la gestion des finances publiques et d'apporter quelques amendements à la législation budgétaire. Ce plan devra démarrer très prochainement lorsque nous serons à mesure de bénéficier des appuis liés à sa mise en œuvre.

Guinéenews© : Vous avez trouvé après votre nomination que le département des Finances était en pleine mutation, par rapport à la décentralisation des services financiers à l'intérieur du pays (signature des contrats par des préfets et Gouverneurs, paiement des prestations par les trésoreries régionales et préfectorales). Qu'en est-il actuellement ?

Capitaine Mamadou SANDE : Je vous confirme que l'arrêté pris par mes prédécesseurs sous le n°2722 du 20 mai 2003, portant dispositions particulières relatives à la passation des marchés publics par les services déconcentrés de l'Etat (Régions, Préfectures, Communes de Conakry, et leurs Etablissements publics respectifs) est bien en vigueur.

Cet arrêté définit les seuils de passation des marchés et précise les compétences des autorités délégataires.

En ce qui concerne les seuils de passation des marchés, il est stipulé à l'article 2 que toute dépense des services déconcentrés de l'Etat payable en une fois et devant faire l'objet d'un marché est fixé à :

o 20 millions de francs guinéens pour les fournitures et les services courants ;
o 40 millions de francs guinéens pour les travaux ;
o 30 millions de francs guinéens pour les prestations intellectuelles.

Toutefois, il est précisé que pour tous les achats inférieurs à ces seuils, il devra être procédé à la mise en concurrence d'au moins trois fournisseurs, entrepreneurs et prestataires de services.

Concernant les seuils de compétence et délégation du pouvoir d'approbation, ils sont fixés, conformément à l'article 37.1 du Code des marchés Publics, comme suit :

o Le seuil de compétence des préfets pour l'approbation des marchés est fixé à un maximum de 300 millions de francs guinéens repartis ainsi qu'il suit :

- pour les marchés de prestations intellectuelles, le maximum est de 50 millions de francs guinéens ;
- pour les marchés de fournitures et de services courants, le maximum est de 100 millions de francs guinéens ;
- pour les marchés de travaux, le maximum est de 300 millions de francs guinéens.
o Le seuil de compétence des Gouverneurs pour l'approbation des marchés est fixé à un maximum de 500 millions de francs guinéens repartis ainsi qu'il suit :
- pour les marchés de prestations intellectuelles, le maximum est de 100 millions de francs guinéens ;
- pour les marchés de fournitures et de services courants, le maximum est de 150 millions de francs guinéens ;
- pour les marchés de travaux, le maximum est de 500 millions de francs guinéens.
o Le seuil de compétence des Secrétaires Généraux des Communes de Conakry pour l'approbation des marchés est fixé à un maximum de 300 millions de francs guinéens repartis ainsi qu'il suit :
- pour les marchés de prestations intellectuelles, le maximum est de 50 millions de francs guinéens ;
- pour les marchés de fournitures et de services courants, le maximum est de 100 millions de francs guinéens ;
- pour les marchés de travaux, le maximum est de 300 millions de francs guinéens.

Guinéenews© : On sait qu'un ministre des Finances est chargé de gérer et d'exécuter un budget. Pourquoi à date il n'y a pas de budget alors que le CNDD disait avoir un programme économique, or un programme économique est toujours tributaire d'un budget ?

Capitaine Mamadou SANDE : L'avènement du CNDD au pouvoir le 23 décembre 2008 est intervenu au moment où le projet de loi de finances 2009 était en examen au niveau de l'Assemblée nationale.

C'est pourquoi, conformément au principe traditionnel d'exécution des lois de finances en cas de non approbation de celles-ci avant le début de l'exercice budgétaire, le ministère de l'Economie et des Finances a soumis à son Excellence Monsieur le Président de la République un projet de décret qui a été signé sous le N° D/ 032/PRG/SGG du 28 janvier 2009 portant mise en place des douzièmes provisoires exercice 2009.

Les crédits ouverts par ce décret permettent d'assurer le fonctionnement des départements ministériels et institutions pour les premiers mois de l'exercice budgétaire.
Tenant compte de l'évolution récente de la situation macroéconomique et du discours d'orientation du 14 janvier 2009 de son Excellence le Capitaine Moussa Dadis CAMARA, Président de la République Chef de l'Etat, Président du CNDD, Commandant en chef des Forces Armées, un cadrage budgétaire révisé a permis d'élaborer le projet de loi de finances 2009 en instance d'approbation.

Les importantes mesures d'assainissements prises par le CNDD et le gouvernement contenues dans ce budget sont à même de garantir la réalisation des objectifs de sa politique économique et financière.

Guinéenews© : Depuis l'avènement du CNDD au pouvoir, aucun marché de l'Etat n'a fait l'objet d'un appel d'offre, notamment le marché d'importation de riz et la reconstruction de certaines garnisons militaires du pays. Nous sommes dans un Etat d'exception vous permettant de faire un appel d'offre restreint me diriez-vous. Mais ne pensez-vous pas qu'en période de crise financière internationale, ne serait-il pas mieux de faire un appel d'offres pour donner la chance à d'autres entreprises de soumissionner, elles aussi ?

Capitaine Mamadou SANDE : Je commencerais par vous faire la mise au point suivante : le Code des Marchés Publics de la République de Guinée dispose en son article 16 que " les marchés peuvent être passés, soit sur appel d'offres, soit sous forme de marchés négociés de gré à gré " dans les conditions définies par ledit Code.

Ensuite, je vous demanderais de relativiser votre affirmation selon laquelle depuis l'avènement du CNDD aucun marché de l'Etat n'a fait l'objet d'un appel d'offres.

En effet, depuis janvier 2009 jusqu'à nos jours, sur environ 65 marchés approuvés par mes soins (hors les avenants au nombre de 5) 41 marchés, toutes sources de financement confondues, ont été passés suivant la procédure de l'appel d'offres ouvert ; ce qui vient contredire totalement votre affirmation.

Quant aux marchés d'importation du riz et de reconstruction de certaines garnisons militaires il y a lieu de dissocier les deux dossiers.

S'agissant de l'importation du riz, il faut signaler que depuis l'avènement de la deuxième République, l'Etat s'est totalement désengagé de cette activité au profit du secteur privé, à l'exception de quelques rares interventions en procédant à des commandes ponctuelles ou en renonçant aux droits de portes dus sur les denrées de première nécessité dans le souci d'alléger le panier de la ménagère pendant les périodes de soudure.

S'agissant des marchés de l'Armée, je tiens à préciser qu'ils ont été tous passés dans le respect des procédures définies par l'article 27.4 du Code des Marchés Publics.

- Soit, suivant la consultation sur liste restreinte tel que prévu par l'article 21 du Code des Marchés Publics ;

- Soit, suivant le gré à gré précédé d'une consultation informelle d'au moins trois entreprises, conformément à l'article 27.2 alinéa 3 du Code des Marchés Publics qui dispose qu'un marché peut être passé de gré à gré " lorsque les fournitures, prestations de services, travaux ou marchés industriels sont décidés comme secrets ou stratégique ou leur exécution doit s'accompagner de mesures particulières de sécurité en vue de la protection de l'intérêt supérieur de l'Etat "

Selon l'article 27.4 du Code des Marchés Publics, la mise en œuvre de la procédure exceptionnelle du gré à gré est subordonnée à l'obtention par l'autorité contractante d'une autorisation préalable du Ministre chargé des Finances, après avis du Comité Consultatif des Marchés Publics prévu à l'article 34 du Code des Marchés Publics.

Ce Comité, présidé par un des conseillers du Premier ministre et placé auprès du ministre chargé des Finances, est chargé de formuler un avis sur tout dossier qui lui est soumis par ce ministre et qui est relatif à la passation, à la préparation et au règlement des marchés, et en particulier dans le cadre des procédures dérogatoires ci-après :

o Levée d'interdiction à concourir aux marchés publics ;
o Demande de recours à la procédure dérogatoire de la liste restreinte ;
o Demande de recours aux marchés de gré à gré ;
o Demande de dispense de cautionnement provisoire ou définitif ;
o Déplafonnement des avances de démarrage et facultatives.

Guinéenews© : Au temps de l'ancien ministre des Finances Dr Ousmane DORE, la Guinée a pris des engagements dans le protocole agréée avec le Club de Paris d'utiliser les ressources des allègements pour faire face aux actions prioritaires inscrites dans la stratégie de réduction de la pauvreté (SRP). A ce jour, peut-on savoir le coût de financement de cette SRP ? Et en quoi diffère-t-elle de celle qui avait été mise en place il y a quelques années ?

Capitaine Mamadou SANDE : À la faveur de la conclusion d'un Programme formel avec le Fonds Monétaire International le 21/12/07, notre pays a bénéficié auprès de ces créanciers membres du Club de Paris d'un réaménagement d'une partie de sa dette due à ces derniers. Ce réaménagement est intervenu au terme de la réunion du Club de Paris qui s'est tenue le 23 janvier 2008.

La base de la consolidation pour un montant de USD 415,57 millions, est constituée des arriérés au 31 décembre 2007 pour USD 257,75 millions et des montants annuels du service normal de la dette pendant la période de consolidation pour USD 157,82.

Dans l'hypothèse de l'atteinte du Point d'Achèvement de l'Initiative des Pays Pauvres Très Endettés (IPPTE), initialement prévue en décembre 2008, le service de la dette extérieure inscrit dans le Budget 2009, d'un montant de USD 187,9 millions passerait à USD 51,6 millions de dollars, soit un allégement total de USD 133,7 millions.

L'atteinte du Point d'Achèvement permettrait aussi d'alléger le stock de la dette extérieure de 3,4 milliards de dollars à 1,0 milliard de dollars US, soit un allégement total d'environ 2,4 milliards de dollars US :

L'échéance du 31 décembre 2008 n'a pas été tenue et la Guinée continue à être confrontée au poids excessif de sa dette extérieure qui constitue une des principales causes de la fragilité de nos finances publiques et qui aura un impact négatif dans la réalisation des objectifs du DSRP2.

S'agissant du financement de la stratégie, le coût global de la seconde stratégie de réduction de la pauvreté a été estimé à 5,21 milliards de dollars américains pour la période 2007-2010, soit en moyenne 1,3 milliards de dollars américains par an. Ce montant comprend aussi bien les ressources nationales que celles provenant des financements extérieurs.

Par ailleurs, en examinant l'évolution de l'exécution budgétaire de l'Etat entre 2000 et 2008, on constate une progression des dépenses en faveur des secteurs prioritaires. Celles-ci sont passées de 27 pour cent en 2000 à 31 pour cent en 2008. La tendance à la hausse est encore plus forte au niveau du budget d'investissement public. En effet, la part des secteurs prioritaires dans les investissements publics est passée de 51,53 pour cent en 2000 à 92,30 pour cent en 2007. En ce qui concerne le taux d'exécution (base engagement) du budget des secteurs prioritaires, l'évolution est aussi à la hausse. Ce taux est passé de 96,9 pour cent en 2000 à 98,9 pour cent en 2007.

Pour mettre en évidence les efforts financiers fournis par l'Etat dans le domaine de la réduction de la pauvreté, nous allons décomposer la période 2000-2008 en deux sous période : 2000-2005 (qui correspond à la période DRSP I) et 2006-2008.

Ainsi, l'analyse sur ces deux sous périodes relève que le taux de croissance moyenne annuelle du budget des secteurs prioritaires était de 18,81 pour cent entre 2000 et 2005 contre 34,96 pour cent pour la période 2006-2008 ; de même , la part moyenne annuelle des secteurs prioritaires dans le budget national était de 28 pour cent (2000-2005) et 29 pour cent (2006-2008) ; dans le budget d'investissement public, la part moyenne annuelle des secteurs prioritaires est passée de 57,82 pour cent entre 2000 et 2005 à 82,64 pour cent sur la période de 2006-2008.

Guinéenews© : Quel message d'espoir adressez-vous au peuple de Guinée ?

Capitaine Mamadou SANDE : Je demanderai au peuple de Guinée d'avoir confiance au CNDD et en son président qui est un homme de principe et de parole. Egalement de faire preuve de patience et de compréhension. Le chef de l'Etat, le capitaine Moussa Dadis CAMARA, dans son discours d'orientation stratégique a tracé des lignes de conduites claires et nous a demandés de nous engager avec lui pour sortir le pays de cette triste et paradoxale situation. Nous nous y employons avec conviction et patriotisme.

En l'espèce, le département des finances que j'ai en charge d'animer aujourd'hui était mal perçu par la population car on avait l'impression que c'était une boite à sous où on y entrait pour s'enrichir rapidement. Aujourd'hui, il faut donner un sens élevé de l'intérêt général et un contenu qualitatif à l'exigence de rupture à imprimer en matière de gouvernance économique et financière afin de donner le bon exemple et encourager les contribuables à s'acquitter de leur devoir civique de paiement des impôts et taxes en vue d'une meilleure affectation desdites ressources dans les domaines prioritaires. De plus il faut garantir plus de transparence à toutes nos actions pour inverser le prisme des perceptions et des mentalités du Guinéen vis-à- vis de l'administration économique et financière. Le temps des secrets et des mythes est révolu. Je suis jeune et officier avant tout, mes pensées vont à tous les jeunes de notre pays qui ambitionnent le même idéal que moi et épousent la vision patriotique du CNDD et de son président de faire de la Guinée, un pays où il fait bon vivre pour tous. Je suis en début de carrière, donc mon combat n'est pas de préparer la retraite, mais d'offrir et sécuriser des perspectives à mes jeunes compatriotes en particulier et au pays en général.

Enfin, je vous remercie de cette opportunité que vous m'avez offerte de communiquer sur la politique économique et financière de notre pays et espère soutenir ce processus au bénéfice de l'information de l'opinion publique notamment de nos compatriotes.

Interview réalisée par Youssouf Boundou Sylla

 
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