Chantal Colle dénonce Mamadou Sylla...
Au cours d'une conférence de presse organisée ce samedi
30 mai dans un hôtel de la place, Chantal Colle n'a pas pris
de gants contre certaines personnes, qui, dit-elle, ont
trompé hier le Général Conté et qui sont en train de
tromper le Capitaine Moussa Dadis Camara et le peuple de
Guinée.
Elle a commencé par la décoration du Capitaine Moussa
Dadis Camara par l'UNESCO pour son combat contre le trafic de
drogue. Pour elle, cette décoration n'est qu'une machination
d'une femme à qui le Président Conté avait confié le
marché guinéen du café en l'occurrence Mme Rougui Barry,
l'actuelle ministre de l'Enseignement Pré-universitaire, de
l'Education civique, de la Formation professionnelle et
Technique.
"Rougui Barry a inventé ce prix de l'excellence
qu'elle a toute seule décerné au Capitaine Moussa Dadis
Camara. J'ai fouillé sur le site de l'UNESCO pour voir si le
prix de l'excellence de Dadis est officiel, je n'ai vu nulle
part. L'UNESCO a fait un démenti officiel par rapport à ce
prix. Rougui Barry s'est servie de son poste ministériel pour
faire cette imposture. Dès qu'on est ministre de l'Education
civique d'un pays, on devient automatiquement représentant de
L'UNESCO de ce pays. Alors, qu'on arrête de nous tourner en
rond et à nu. Ce prix de l'excellence de Dadis est purement
et simplement faux" dément Chantal Colle.
Elle s'est ensuite attaquée à Elhadj Mamadou Sylla
l'homme d'affaires de Dixinn Bora, l'un des hommes de
confiance de Lansana Conté. Chantal Colle a expliqué qu'il
est inadmissible que le doyen Bah Mamadou décédé le 26 mai
dernier à Paris puisse se battre durant toute une vie contre
la médiocrité pour que la Guinée retombe dans les mains des
analphabètes. ""Le doyen Bah Mamadou qui est l'un
des plus grands artisans de la Démocratie en Guinée, ne peut
pas passer toute sa vie à se battre pour la Démocratie pour
qu'un analphabète en la personne de Mamadou Sylla qui n'a pas
son bac, à moins qu'il ne l'achète, devienne Président de
la République de Guinée. Si nous acceptons ça, nous allons
tout droit sur le mur" indique-t-elle.
Toujours dans le même ordre d'idée, Chantal Colle a
dégainé contre à l'ancien Premier ministre Lansana
Kouyaté, à qui elle reproche de s'être servi de l'Etat en
affrétant des avions spéciaux lors de son passage à la
Primature. Selon elle, pendant tout le temps que Lansana
Kouyaté a passé à la Primature, il a toujours voyagé au
frais de l'Etat, contrairement à ce qu'il a laissé entendre.
" "Lansana Kouyaté a toujours voyagé aux frais de
l'Etat guinéen. On continue à envoyer les factures de ses
voyages à Dadis pour que l'Etat puisse les payer. Si on ne se
lève pas, nos enfants vont continuer à payer les frais de
leurs bévues"" explique Chantal Colle.
Quelques années avant la mort du Général Conté, le
peuple de Guinée qui aspirait à la démocratie et à la
liberté, s'était engagé dans une lutte farouche contre la
corruption et la démagogie qui ont mis la Guinée à genou.
Mais aujourd'hui, nombreux sont des ministres et autres
guinéens qui ont participé au crime politico-économique en
Guinée qui ne reviennent pas en tant que serviteurs du
pouvoir mais, en tant que Président de la République.
"L'Etat va commencer bientôt à payer la facture du
groupe électrogène que Roda Fawaz a acheté pour la Guinée
à 40 millions de dollars au Maroc alors qu'en Europe, on peut
trouver 5 bons groupes à seulement 5 million de dollars. Je
dis haut et fort que Roda Fawaz a arnaqué le CNDD et le
peuple en achetant un seul groupe électrogène à 40 millions
de dollars".
Guinéenews
Hommage au doyen Bâ Mamadou - Cellou
Dalein Diallo se souvient...
L'ancien premier ministre guinéen, Cellou Dalein Diallo a
rendu dimanche, un vibrant hommage au doyen Bâ Mamadou,
décédé le 26 mai à Paris. Avec beaucoup d'émotions, ce
compagnon de lutte de Bâ Mamadou a témoigné sur la vie de
l'illustre disparu qui a été l'un des pionniers de la
démocratie en Guinée. Nous vous livrons en intégralité,
l'oraison funèbre prononcée au Palais du peuple à Conakry,
par Cellou Dalein Diallo...
Excellence Mr le Président de la République,
Président du CNDD,
MM. les membres du CNDD,
Mesdames et messieurs les membres du Gouvernement,
Excellence MM les Ambassadeurs, Représentants des
Institutions Internationales.
Mesdames et Messieurs,
Chers frères et sœurs
Avant tout, au nom de la famille politique de Elhadj Bâ
Mamadou, je tiens à exprimer notre profonde gratitude aux
Hautes Autorités de notre pays, au Président du CNDD,
Président de la République, Chef de l'Etat, le Capitaine
Moussa Dadis Camara, aux membres du CNDD et du Gouvernement
ainsi qu'au Peuple de Guinée tout entier pour avoir honoré
notre regretté Doyen à travers ces grandioses funérailles
nationales ainsi que pour son élévation au rang d'Officier
de l'Ordre National du Mérite.
Nous remercions les membres du Corps Diplomatique, tous
les Cadres, Personnalités ainsi que toutes les Organisations
représentant les Forces vives de la Nation qui nous ont
apporté le vibrant témoignage de leur compassion.
Excellence Mr le Président de la République,
Excellences,
Mesdames et Messieurs,
Chers frères et sœurs,
Permettez moi de paraphraser le sage écrivain
africain-malien Amadou Hampaté Bâ en commençant par dire :
" un grand Baobab est tombé ! Une grande Bibliothèque
vient de brûler ! " Le Doyen El Hadj Bâ Mamadou n'est
plus !
Notre pays est endeuillé, la disparition de notre Doyen
Elhadj. Bâ Mamadou le 26 Mai à Paris est une perte cruelle
pour tous les Guinéens épris de liberté et de démocratie.
Le Doyen, comme nous l'appelions affectueusement, a
été, pour nous un grand frère plein d'attention, courageux,
franc et, par-dessus tout, généreux et infatigable dans
l'expression de ses idées et opinions sur tous les sujets
concernant notre pays dans sa lutte pour l'Etat de droit, la
Démocratie, et le mieux être de nos populations. Il n'a
cessé, sa vie durant, même au cours de sa dernière
hospitalisation à Paris de mener inlassablement le combat
pour que les guinéens puissent vivre à l'abri de la peur, à
l'abri du besoin et dans la dignité.
Notre frère et ami, cet homme exceptionnel, qui a
consacré toute sa vie pour les causes justes est né le 1er
Avril 1930 à Boké.
Après ses études supérieures à l'Université de
Rennes d'où il est sorti avec une licence en Mathématiques,
le Doyen Bâ est rentré aux pays en 1957 pour servir à
l'agence guinéenne de la Caisse Centrale qui était chargée
de gérer le Fonds d'Investissement et de Développement
Economique et Social (FIDES).
Après l'Indépendance en octobre 1958, il a participé
à la création de la Banque Centrale de la République de
Guinée et du Crédit National, avant d'être responsable du
Commerce Intérieur. Avec l'étatisation du commerce en
Guinée et la restriction des libertés fondamentales, Bâ
Mamadou décide de quitter le Pays pour être en accord avec
ses convictions. Il se retrouve en 1964 à la Banque Mondiale.
Après une expérience de cinq ans, Bâ Mamadou décidé
à revenir en Afrique, part de la Banque Mondiale en 1968. Un
an plus tard, il est condamné à mort par contumace sous la
première République à l'occasion de ce qui avait été
appelé " le complot Kaman-Fodéba ".
En 1970, bénéficiant de la confiance de partenaires
qui l'ont vu à l'œuvre, il est chargé d'implanter une
société de leasing (Crédit bail) en Afrique de l'Ouest et
du Centre dans une société américaine avec l'aval du
Gouvernement des Etats Unis (OPIC) et l'assistance de la Chase
Manhattan Bank présidé par David Rockefeller qu'il avait eu
à accompagner dans une de ses tournées africaines, notamment
au Sénégal, au Cameroun et l'ex Zaïre (RDC) ;
Riche de toutes ces expériences, notre très regretté
cher frère, entame à partir de 1974 une carrière dans le
secteur privé en Côte d'Ivoire en créant sa propre
société, la SIDECI (Société Internationale pour le
Développement et la Construction Industrielle). Il
réalisera, dans ce cadre, un programme de construction de
3.000 logements à Abidjan.
Après la disparition du Président Sékou Touré en
1984, Bâ Mamadou a hâte de rentrer dans son pays natal et
apporte une contribution remarquée à la formulation de la
nouvelle politique et à la rédaction du Discours Programme
du 22 décembre 1985.
Le Doyen Bâ Mamadou se lance ensuite, avec courage,
j'allais dire, avec la témérité qu'on lui connait, dans le
combat pour la liberté d'expression et la démocratie
multipartite.
C'est en ce moment qu'on voit apparaître ses célèbres
pamphlets signés " Bâ Mamadou consultant ",
certains guinéens se doutant si l'auteur de tels papiers est
quelqu'un de normal. Son premier texte " la Guinée
peut-elle être redressée ? " suscite beaucoup
d'engouement, de curiosités et de spéculations dans la
cité. Dans ses écrits, le Doyen dénonçait courageusement
les dérives du Pouvoir et faisait toujours des propositions
pertinentes pour améliorer la gestion du Pays.
En 1991, bien avant l'élaboration et la promulgation de
la Loi sur la liberté de la presse, Bâ Mamadou crée son
journal " la Nouvelle République ". Le succès est
retentissant. Le Ministre de l'Intérieur et de la Sécurité
profère des menaces de saisie et d'emprisonnement. Le Doyen
résiste, persévère et fait des émules. Les parutions
continuent de plus belle au rythme de deux mille exemplaires
par tirage bimensuel. Un an après il fonde l'Union pour la
Nouvelle République (UNR). Le combat politique se fait au
grand jour. L'UNR fait des tournées avec une audace
extraordinaire même dans des Préfectures considérées comme
" chasse gardée " du pouvoir. Par endroits des
bagarres éclatent, les forces de l'ordre répriment, il y a
des morts, des blessées, des dégâts matériels, comme ce
fut le cas à Forécariah, Coyah, Boffa, Kindia, ici à
Conakry etc.…
Mais le doyen est infatigable et imperturbable, il dit
ce qu'il pense et fait ce qu'il dit. A un moment se voyant
harcelé et menacé, il contre-attaque par une formule visant
plutôt à dissuader : " pour un œil les deux yeux, pour
une dent, toute la gueule ". Bâ continue la lutte pour
la liberté et la Démocratie. Il est le pionnier de la
création de regroupements politiques tels le Forum
Démocratique National, le Front de Lutte et de Gouvernement
(FLUG), l'Alliance Electorale et de Gouvernement (ALEG), la
Coordination de l'Opposition Démocratique (CODEM), le Front
pour l'Alternance et la Démocratie (FRAD), il rencontre les
syndicalistes, les leaders d'opinion et de nombreux groupes de
citoyens épris de liberté et de progrès. Il cherche à unir
tout le monde pour le changement démocratique. Il réussit
ainsi à donner de l'ardeur de la combativité et du courage
à beaucoup de gens. Les jeunes le suivent, à pieds, à
motos, reprennent ses mots d'ordre. C'est avec beaucoup de
peine qu'il voit les jeunes guinéens s'exiler par milliers,
faute d'emploi et d'espoir. Il a été profondément peiné le
jour de l'annonce de la mort tragique de Fodé et Yaguine dans
le train d'un avion de la compagnie SABENA.
En 1993, candidat à l'élection Présidentielle, Bâ
Mamadou mène une campagne des plus hardies. Aux résultats
contestés par son parti, il arrive en 3ème position.
Aux élections législatives de Juin 1995, l'UNR s'en
sort avec 9 députés. Bâ Mamadou préside le groupe
parlementaire de la CODEM. Ces interventions et celles des
membres de son groupe dérangent. A la présidentielle de
1998, il est candidat de l'UPR, un parti né alors de la
fusion de l'UNR et du PRP.
La mobilisation et la détermination des militants de
gagner les élections galvanisent les énergies. Quand en fin
de campagne la caravane entre à Conakry, le Palais du Peuple
et son Esplanade sont noirs de monde. De nombreux militants
étaient assurés de la victoire, le candidat Bâ Mamadou
arrive en 2ème position. Ce scrutin est largement contesté,
l'énervement s'empare de ses partisans. Pour éviter le pire,
Bâ Mamadou prêche le calme et la sérénité.
En 2002, ayant perdu tout espoir de voir se tenir des
consultations électorales crédibles, Bâ Mamadou tente
vainement de convaincre la Direction de son parti de
s'abstenir d'aller aux élections législatives. Par la suite
il rejoindra l'UFDG où il reçoit un accueil chaleureux et
dont on lui donne la Présidence.
L'UFDG continue son chemin, améliore son implantation.
Mais voici que Bâ Mamadou sentant le poids de l'âge décide
de passer le flambeau à plus jeune que lui. Il jette son
dévolu sur ma modeste personne et devient le Président
d'Honneur de l'UFDG. Toujours dynamique, prêt à servir et à
se rendre utile pour le parti et le pays, Elhadj Bâ Mamadou
n'a jamais cessé de travailler. Il écrivait beaucoup,
proposait des solutions aux problèmes, attaquait quand il le
faut et était toujours prompt à redresser les torts.
Le Doyen s'est battu, toute sa vie, pour que triomphe la
liberté, la justice et l'équité. Il a mené un combat
acharné contre le mensonge, l'hypocrisie, la démagogie,
l'oisiveté, la délation ; en un mot, contre toutes les tares
qui sont à l'origine du retard de la Guinée.
Elhadj. Bâ Mamadou n'a ménagé aucun effort pour
promouvoir l'amour et l'amitié entre les hommes ainsi que
pour le progrès économique et social de la Guinée et de
l'Afrique.
Nous garderons de lui le souvenir d'un grand Homme qui
est resté constant dans ses engagements et ses opinions.
Pour les générations actuelles et futures le Doyen Bâ
Mamadou constitue un symbole d'honnêteté, de sincérité et
de courage intellectuel et physique.
Doyen Bâ Mamadou ! les guinéennes et les guinéens que
tu as tant défendu te rendent un vibrant hommage et prient
pour qu DIEU le TOUT PUISSANT t'accorde son paradis.
Doyen ! Repose en paix !
Les obsèques de Bâ Mamadou
Ce dimanche 31 mai 2009 ressemblait à un jour ouvrable. Le
palais du peuple était bondé de monde. Hommes femmes, jeunes
et vieillards en passant par des nouvelles autorités,
accompagnées de madame Jeanne Dadis Camara, l'épouse du
Capitaine Moussa Dadis Camara, tous venus pour rendre un
dernier hommage à l'illustre disparu. En s'inclinant devant
la dépouille mortelle du doyen Bâ Mamadou, plusieurs
témoignages ont été exprimés de la part des leaders de
tout bord politique. Devant une foule nombreuse de
sympathisants attristés venus de tous horizons pour partager
la douleur avec la famille éplorée face à cette perte
cruelle.
Sidya Touré (UFR), 40 ans après son service à la Banque
Mondiale, Bâ Mamadou n'a laissé personne indifférent. Son
franc-parler était aussi connu de tous. Il était l'un des
premiers africains à travailler à la Banque Mondiale. Il est
arrivé en Côte d'Ivoire pour ouvrir le premier service de
tôle avec les américains. C'est là où il m'a trouvé. Un
économiste fait. Il m'a rectifié dans un document que
j'avais élaboré par rapport à un tableau, il y avait des
erreurs dans un des tableaux et quand il a vu ça, il m'a dit
que ce n'est pas bien fait et de le reprendre. Il a poursuivi
son combat jusqu'à créer un parti politique. Nous avons
été bloqués à Kankan par les bérets rouges et à Labé,
mais nous y sommes arrivés. Le seul regret que j'ai
aujourd'hui, est que celui qui s'est battu pour que ce pays
avance est mort.
Quant à Ibrahima Sylla du parti NGR, le doyen Bâ Mamadou
était un des fils de ce pays qui s'est battu pour le
changement. Il était un éminent combattant qui a beaucoup
lutter pour la bonne gouvernance.
Selon le représentant de l'UPR, il a connu le doyen en
1978 à Monrovia ensuite à Abidjan. Pour sa part, le doyen
Bâ Mamadou est un monument pour la démocratie en Guinée. Il
fut un grand combattant hors pair, malgré la prison qu'il a
faite quant à la casse de Caporo-rails. Un grand sage. Le
vide qu'il a laissé est complètement comblé par des grands
politiciens.
Mouctar Diallo de NFD, en Bâ Mamadou, il reconnaît une
certaine compétence, courage et velléité. " je
regrette de n'avoir plus rencontré le doyen. Je prends
l'engagement devant sa dépouille mortelle d'aller jusqu'au
bout "
Il faut noter qu'à cette douloureuse occasion, l'ancien
1er président de la première Assemblée multipartite a aussi
expliqué tout ce qu'il sait du défunt par rapport à son
courage et son franc-parler. " on ne peut pas énumérer
tous les actes qu'a posés Bâ Mamadou. Il a sauvegardé la
vérité, la dignité, l'honnêteté et il était sincère,
courageux. Il s'est toujours battu pour l'unité e la Guinée
" martèle-t-il.
Quant à Thierno Madjou Sow de l'OGDH, partenaire social,
reconnaît que le doyen Bâ Mamadou s'est battu pour le
changement en Guinée, sous la 1ère République et la 2ème.
Il a aussi rappelé que dans l'affaire de Caporo-rail, le
doyen a été l'un des rares personnes avaient dit la vérité
et par l a suite, cela lui a valu la prison.
A rappeler que la communauté internationale était
fortement représentée. On notait également la présence des
les Ambassadeurs de la France, l'Allemagne et tant d'autres.
Au finish, les autorités administratives en l'occurrence
le Capitaine Moussa Dadis Camara, en recevant la famille
éplorée a décidé de prendre toutes les funérailles en
charge, c'était le samedi 29 mai dernier.
L'enterrement a eu lieu le Mardi à Dinguiraye, sa ville
natale, après avoir été honoré tout le long du trajet par
des milliers de sympathisants.
Alpha Ibrahima Touré
|